Dimension
artistique
L'art du récit trouve ses origines dans des pratiques culturelles
populaires et initiatiques. Il instaure une relation favorable à
la transmission du sensible. Les projets entre les conteurs et le milieu
scolaire mettent en relief divers enjeux :
Partager une vision du monde ; Permettre de nouveaux apports de langage,
des allers-retours de langage, une ouverture de la langue ; Prendre
du recul par rapport au quotidien tout en tenant compte de la réalité
de l'environnement ; Ouvrir, assouplir la vie de la classe, l'enrichir
en toute liberté ; Changer les règles initiales, voire
" les bousculer ", en apporter d'autres en déplaçant
les cadres, avec l'acceptation, la compréhension, la participation
des adultes et de l'équipe éducative ; Apporter une parole
liée au jeu, au rythme, au silence et à sa présence
; Proposer des contenus de travail sur le conte : la création
de nouvelles versions, la re-contextualisation de contes traditionnels,
des techniques de racontage, la mémorisation, les voix et les
accents, la marque du souffle et des passions, l'intonation, les mimiques,
le lien entre son, corps et sens.
Dimension
sociale
Chaque projet permet une réflexion sur les rapports de l'école
et de son environnement. Le conte par ses origines et son support est
un élément culturel porté par tous et à
la portée de tous. Il semble important que toute la famille vive
cette expérience. Ces moments sont souvent l'occasion de valoriser
des cultures profondément marquées par l'oralité
; la possibilité également de trouver des compétences
chez des parents qui sont parfois en " échec " face
à l'institution scolaire et de ce fait réduire un certain
nombre de discriminations.
Dimension
pédagogique
Le conte est traditionnellement une des premières rencontres
entre l'enfant et la langue, par la découverte de l'histoire.
Le langage du conte n'est pas figé, il possède ses propres
niveaux de langage, et aussi ceux que l'enfant côtoie et pratique
(affectif (famille), social (quartier, environnement), culturel marqué
reconnu (école). Il s'adapte aux situations et aux destinataires
de la parole, permettant ainsi à chaque auditeur spectateur de
s'approprier le récit, et de développer son propre imaginaire.
Avant
la découverte des structures de cette langue ; la lecture, le
récit sont liés au plaisir de dire et t'entendre. Les
projets s'inscrivant dans la durée (il s'agit de privilégier
l'expérience plutôt que l'événement), le
conte fait intervenir différentes dimensions :
Affectives, liées au plaisir, à la relation avec le conteur
et avec l'histoire ; Culturelles, par la transmission d'un patrimoine
culturel et l'étude des différentes cultures présentes
dans les classes ; Educatives, selon le choix des contes étudiés
et les sujets abordés ; Pédagogiques, dans la mesure où
le conte en donne du sens aux apprentissages.
Parallèlement
à certaines actions ou pour répondre à des besoins
et des attentes le Centre des Arts du Récit propose différentes
approches de formation pour les enseignants, qui peuvent aller de la
sensibilisation à l'initiation.
L'art
du récit à l'école occupe une place de plus en
plus importante dans le champ des actions engagées par le Centre
des Arts du Récit . S'appuyant sur ses expériences et
sur les " orientations pour une politique des arts et de la culture
à l'école ", le Centre souhaite maintenant structurer
ce travail au niveau de l'Académie, et établir un rapport
privilégié avec l'Education Nationale et le Ministère
de la Culture. Ce processus nécessite différents moyens
pour sa mise en place, son suivi, son évaluation et sa cohérence.